Les armes controversées du maintien de l'ordre / AFP


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Les armes controversées du maintien de l'ordre / AFP

"Gilets jaunes" éborgnés, mâchoires fracassées, coma... L'accumulation de blessures graves causées notamment par les lanceurs de balles de défense (LBD) utilisés lors des manifestations, nourrit la colère contre le gouvernement et la police, qui a dû appeler ses forces à plus de prudence.

Leurs deux vies ont basculé presque au même endroit, dans le centre de Bordeaux, à cinq semaines d'écart. Chacun victime d'un tir de LBD - cette arme d'épaule qui projette des balles de caoutchouc de 40 mm de diamètre - alors qu'ils se trouvaient parmi les "gilets jaunes" lors d'échauffourées avec la police.

Le 12 décembre, Jean-Marc Michaud, un horticulteur de Charente-Maritime de 41 ans, a eu le côté droit du visage défoncé par une de ces balles de caoutchouc semi-rigides projetées à plus de 300 km/h, et perdu son œil droit.

Samedi, Olivier Béziade, un pompier volontaire girondin père de trois enfants, a été atteint plus en arrière, à la tempe. Il est depuis hospitalisé, inconscient.

Selon une source policière, au moins 5 personnes ont été gravement blessées pour le seul samedi dernier, "vraisemblablement" victimes de LBD.


Depuis le début du mouvement, l'IGPN, la "police des polices", a reçu plus de 200 signalements de violences policières, sans qu'on sache combien sont liées au LBD. Ces dernières années, quelques policiers ont écopé de prison avec sursis pour des tirs de LBD jugés abusifs.

"On se prend des bouteilles en verre, des parpaings, de l'acide, des boulons. Le LBD, c'est +l'arme+ qui fait peur. Si on nous les retire, plus aucun collègue ne voudra aller sur les manifs", estime un responsable policier.

Mais "lorsqu'il y a une pagaille pas possible, tu ne peux pas l'utiliser sans risque de dégâts collatéraux", tempère un autre, rompu au maintien de l'ordre.

Une partie des victimes et témoins de blessures graves pointent du doigt les policiers des brigades anti-criminalité (BAC), appelées en renfort. Recourir à la BAC "est une faute qui peut engendrer des drames", ajoute un autre policier, car "la finalité du LBD, c'est l'interpellation, pas faire mal".

"Si les flics avaient quelque chose à me reprocher, il suffisait de me tirer dans les jambes pour m'immobiliser, et de m'arrêter", regrette Jean-Marc Michaud.

Il y a une vingtaine d'années, alors parachutiste, il avait défilé "avec fierté pour la France le 14 juillet sur les Champs-Élysées". Aujourd'hui, dit-il, "des tirs de LBD y blessent chaque samedi des innocents, je ne sais pas comment je vais payer mes chirurgies de reconstruction et je ne suis plus fier du tout de ma France".



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