Réponse à Vincent Lindon - Par Aldo Sicurani (délégué général d’une fédération d’inve


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Réponse à Vincent Lindon - Par  Aldo Sicurani  (délégué général d’une fédération d’inve

Cher Monsieur Lindon,

Vous êtes beau comme l'Antique, mais votre texte est pauvre. Sur la morale d'abord. Les politiques sont pourris et animés de l'esprit de caste ? Admettons. Mais vous y avez cédé aussi dans une tribune (2002) demandant que l'on passe l'éponge sur la fraude fiscale de Françoise Sagan au prétexte qu'elle a contribué au rayonnement de la France. Un argument que Carlos Ghosn pourrait trouver bien utile. Les obscurs qui paient des impôts apprécieront. Je remarque au passage qu'en matière d'esprit de caste, de népotisme et de fraude fiscale, votre profession n'a pas de leçons à donner.

Quant au fond, il est teinté de la mauvaise foi nécessaire à la réussite de l'exercice. Sur les dépenses de santé d'abord. Après vérification, je constate que le président Macron a respecté les promesses du candidat, contrairement à vos affirmations. Comme l'Allemagne, la France consacre bon an mal an 11 % de son PIB à la santé. Je remarque au passage, qu'un habitant de « ce pays si riche » a une espérance de vie de près de deux ans supérieure à celle d'un Allemand et qu'il souffre d'un nombre moins élevé de pathologies graves. Donc, avoir moins de lits en réanimation ne me semble pas relever d'une politique sanitaire absurde. Mais le fond du problème est une organisation inadaptée et non un manque de moyens. C'est ce que ce gouvernement cherche depuis trois ans à réformer avec les résistances que l'on sait.

Justice et police françaises

Sur la justice, on croit rêver : procédure rapide de moins de 12 mois, appel et cassation inclus. Maître Lindon, vous êtes trop timide. Vous me décevez. Simplifions, simplifions : jury populaire souverain, jugement sans appel, pas de Cassation, ses magistrats étant tous pourris comme l'élite dont ils font partie et pencheront toujours du côté du pouvoir qu'il soit d'extrême gauche (procès staliniens ou chavistes) comme d'extrême droite (procès nazis).

« La prison c'est pour les autres », prétendez-vous. Messieurs Carignon, Medecin, Tapie, Mouillot, Cahuzac, Boucheron, Pradille ou Balkani auraient aimé. Vous auriez pu signer une tribune demandant la relaxe de M. Balkani au motif des inestimables services qu'il a rendus à sa bonne ville de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). Nul doute que vous l'auriez fait, bonne âme que vous êtes, si on vous l'avait demandé. Heureusement, vous n'en avez pas eu besoin.


Ce bon peuple de Levallois, ce peuple souverain si savant et si juste, s'est chargé de les réélire, lui et son admirable épouse à chaque fois qu'ils se sont présentés à ses suffrages même après condamnation. Il a fallu que cette justice française, si mal faite, obtienne (on se sait par quels moyens douteux) la levée de son immunité parlementaire (ses complices devaient dormir) pour enfin nous débarrasser de ce triste sire.

Venons-en à ces violences policières qui vous sont si chères. Je ne les nie pas et je les réprouve. Quand elles sont avérées, elles doivent être sanctionnées. Cela dit, je serai toujours du côté de la police. C'est le bon sens même qui l'exige. Les manifestations des « gilets jaunes » m'y obligent. Il y a eu sans doute des gens sincères et respectueux de l'ordre public parmi eux. Mais le refus de tout ordre, de toute autorité en leur sein a été à l'origine d'une effroyable pagaille et finalement de leur échec. C'est malhonnête de tout mettre sur le dos des casseurs et du gouvernement.

Autre malhonnêteté, Monsieur Vincent, la réforme des retraites. Elle était clairement annoncée dans le programme du candidat et a fait l'objet de deux ans de consultations approfondies. Soyez content, la Covid-19 aura probablement eu sa peau. Mais il y a des faits auxquels nous ne pouvons pas échapper. En 1950, 8 actifs payaient la retraite de 1 retraité pendant 5 ans. En 2019, 1,58 actif paye la retraite de 1 retraité pendant 18 ans. Qui paiera ? Entreprises et salariés paient déjà beaucoup. Nos enfants ?

Aujourd'hui, ce sont nos déficits qui paient nos retraites. Pas un budget à l'équilibre depuis 1974 ! Et ces déficits, qui financent votre statut d'intermittent, ce sont des investisseurs (essentiellement étrangers) qui les comblent. Sans les Blackrock, sur lesquels ils crachent avec tant de jouissance, les « GJ » peuvent dire adieu à leurs retraites et accessoirement à leurs services publics. Pour combattre les effets du coronavirus, la France lance un plan de 100 milliards. L'Allemagne de 1.000 milliards ! Cette différence, c'est le prix de notre insouciance et de l'inconséquence de ce « pays si riche ». C'est peut-être la question fondamentale que vous auriez dû vous poser plutôt que de crier avec les loups. Ces loups qui, si nous n'y prenons pas garde, nous gouverneront demain.

Aldo Sicurani est le délégué général d'une fédération d'investisseurs.



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