Prise d'otages & rançon, travail mémoriel ou magie noire...


harki, algerie, guerre, militaire, mercenaire, colonisation, afrique

Restitution des crânes d’insurgés algériens : Macron demande un « geste » pour les harkis

En France, harki est souvent utilisé comme synonyme de « Français musulmans rapatriés » (FMR) à partir de 1962, « Français rapatriés de confession islamique » (FRCI) en 1970 ou « Rapatriés d'origine nord-africaine » (RONA) et « Français de souche islamique rapatriés d'Afrique du Nord » (FSIRAN) dans les années 19806. Aujourd’hui, deux termes se sont imposés : « FMR » et « harki », qui selon les contextes renvoient soit aux seuls harkis, soit à tous les supplétifs, soit encore à l’ensemble incluant supplétifs et non supplétifs7. Pour Mohand Hamoumou, harki désigne les Algériens qui ont dû quitter leur pays en raison de leur comportement anti-indépendantiste durant la guerre d’Algérie et sont restés Français7. Ces termes plus ou moins administratifs désignent les personnes de statut civil de droit local originaires d'Algérie (qualifiées d'indigènes jusqu'à la Seconde Guerre mondiale) qui se sont installées en France après l'indépendance de l'Algérie sous couvert de la loi sur les rapatriés

En Algérie, harki est souvent devenu synonyme de traître et de collaborateur, alors que pour l'historien Mohammed Harbi, ancien membre du FLN, « l'idée selon laquelle les harkis auraient été des traîtres ou des « collabos » devrait être dépassée » car les affrontements de la guerre d'Algérie et ceux qui ont opposé la résistance française aux collaborateurs ne peuvent pas être assimilés10.

La France, en comptant les « pieds-noirs » européens, les juifs et tous les musulmans « loyalistes », aurait dû accueillir sur son sol 2,5 millions de personnes. Elle le fit tant bien que mal pour les pieds-noirs et les juifs d'Algérie, mais abandonna les autres11. Seuls 42 500 harkis purent trouver refuge en France métropolitaine.

Les harkis et leurs descendants représenteraient en 2012 entre 500 000 et 800 000 personnes en France12,13.

Le 14 avril 2012, Nicolas Sarkozy a officiellement reconnu la responsabilité du gouvernement français dans « l'abandon » des harkis après la fin de la guerre d'Algérie en 196214. François Hollande a reconnu lui aussi « les responsabilités des gouvernements français dans l’abandon des harkis, les massacres de ceux restés en Algérie et les conditions d’accueil inhumaines de ceux transférés en France » le 25 septembre 2016

Selon Jean-Jacques Jordi, la constitution des harkas ne doit pas être considérée uniquement comme un événement de la guerre d’Algérie mais doit être « analysée au travers de toute une histoire de liens, d’attachements mais aussi de rejets avec la France ». Les Harkis se rattachent à ce mouvement d'« indigènes » pro-français qui naît en 1830 lorsque des tribus prêtent allégeance à la France. Dès 1831, des bataillons de soldats « indigènes » sont mis sur pied et participent aux opérations de conquête de l'Algérie aux côtés des unités métropolitaines. En 1856, trois régiments de tirailleurs algériens sont créés dans chacune des provinces de l’Algérie française et font partie intégrante de l’armée française. Ces tirailleurs s’illustrent ensuite dans la plupart des campagnes du Second Empire et de la IIIe République puis lors des deux Guerres mondiales. Ainsi dans certaines familles musulmanes, comme celle du bachaga Boualam, se développe une vraie tradition militaire tournée vers la métropole. Dès le début de la guerre d’Algérie, le recours aux supplétifs musulmans apparaît non seulement nécessaire mais aussi indispensable à l’armée française

De 1957 jusqu’en 1962, les harkis sont des soldats indigènes musulmans engagés aux côtés de l’armée française dans des unités appelées harkas, tandis que l’Algérie française était constituée de départements.

Au sein même de l’armée française, ils totalisent 63 000 hommes en décembre 1961. À côté de ces harkis il faut ajouter les soldats musulmans de l'armée régulière (appelés, engagés, militaires d'active, appelés aussi FSNA ou Français de souche nord-africaine) qui sont 85 000 en 196017. Au total, durant cette guerre, l’armée française a inscrit dans ses registres 160 000 harkis, moghaznis, GMPR devenus GMS ou « assès » et un peu plus de 110 000 réguliers18.

Le 19 mars 1962, jour du cessez-le-feu, selon le rapport à l'O.N.U du contrôleur général aux armées Christian de Saint-Salvy, on dénombrait en Algérie, 263 000 musulmans engagés du côté français (60 000 militaires réguliers, 153 000 supplétifs, dont 60 000 harkis, et 50 000 notables francophiles) représentant, familles comprises, près de 1 500 000 personnes menacées sur 8 millions de musulmans algériens19. Il y a une grande incertitude sur le nombre d'Algériens enrôlés ou engagés dans les supplétifs durant toute la guerre, nombre qui varie de 200 000 à 400 000 selon les historiens20.

L'armée française recruta également environ 3 000 anciens éléments du FLN et de l'ALN, dont certains formèrent le célèbre Commando Georges du lieutenant Georges Grillot. La plupart d'entre eux furent victimes de représailles à partir de 196221.

Selon Maurice Faivre, on comptait ainsi quatre fois plus de combattants musulmans dans le camp français que du côté du FLN22. Le ministère des Armées évalue à 4 500 le nombre des soldats musulmans morts pour la France, pendant la guerre d’Algérie, et à plus de 600 les disparus.

2em vague de décolonisation...
#racismedetat



Kweeped from www.kweeper.com by blindman 843 days ago
More Kweeps From www.kweeper.com

Add a comment.

If you want to share this kweep with a user, just mention him like this: "@user_pseudo".

Share
Permalink
AD

 Related Kweeps

×

Change header

Upload
To crop this image, drag a region below and then click "Save Image"
Uploading