Edouard Herriot, Maire de Lyon de 1905 à 1957


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Edouard Herriot, Maire de Lyon de 1905 à 1957

Rien ne destinait ce fils de militaire, né à Troyes, à devenir un homme politique : sénateur, député, ministre, président du Conseil, président de l’Assemblée nationale et surtout maire de Lyon durant 50 ans !

Il entre à l’école normale supérieure en 1891 et en sort, deux ans plus tard, agrégé de Lettres.
C’est en 1895 qu’il vient s’installer à Lyon pour enseigner les Lettres classiques au lycée Ampère.

Il épouse Blanche Rebatel le 30 octobre 1899. Cette union avec la fille du président du Conseil général du Rhône et son engagement dans l’affaire Dreyfus lui facilitent grandement son entrée en politique.

Il est élu pour la première fois conseiller municipal de Lyon le 1er mai 1904. Rapidement, il devient adjoint à l’enseignement d’Augagneur. Ce dernier, en partance pour Madagascar, le pousse à présenter sa candidature à la magistrature municipale. Le 3 novembre 1905, il devient maire.
A partir de cette date, et hormis la période de l’Occupation, il occupe cette charge jusqu’à sa mort en 1957, étant réélu en 1908, 1912, 1919, 1925, 1929, 1931, 1935, 1944, 1947 et 1953, soit 11 fois !

Dans la suite de cette 1ère élection, il devient sénateur en 1912 et embrasse ainsi une carrière politique nationale qui fait de lui l’un des principaux représentants du parti Radical.

Durant ses mandats successifs, il marque durablement la ville de Lyon par un grand nombre de réalisations.

C’est surtout au niveau des bâtiments consacrés à l’instruction publique qu’un effort conséquent est porté : 11 écoles maternelles, 20 groupes scolaires sortent de terre.
En 1907 il décide de la construction du 2e lycée de Lyon : le lycée du Parc, achevé en 1914.
Ces efforts portent aussi sur l’enseignement technique avec la construction d’un bâtiment pour l’école de tissage (1927-1933), mais aussi l’ouverture de l’école municipale d’agriculture, dite école de Cibeins en 1918.

En matière d’œuvres sociales, il fait construire 12 crèches municipales. Il ouvre un orphelinat de garçons, rue Chazières en 1907, une maison pour les filles-mères, dans l’ancien château de Gerland en 1919 et deux internats municipaux : l’un au château du Vernay, pour les filles (1920), l’autre pour les garçons, au domaine de Tourvielle en 1922.
En 1920 il crée l’office municipal des H.B.M. (Habitations à Bon Marché) et met à la disposition de cet organisme d’importantes subventions et des terrains communaux, tout en faisant construire par la Ville des H.B.M., notamment la cité Philippe de la Salle à la Croix Rousse. En 1939, plus de 4400 logements ont ainsi été construits.

Il œuvre aussi en matière d’équipements sportifs et culturels avec le transfert de la bibliothèque municipale dans l’ancien archevêché en 1912, l’inauguration du musée historique (1921), la construction de la salle Rameau, mais aussi le stade de la Plaine ou la piscine Garibaldi (1928).

Il met en place la Foire de Lyon à partir de 1916 et lui donne un palais le long du Parc de la Tête d’Or en 1918.

Mais les vastes desseins que nourrit Edouard Herriot pour Lyon sont surtout liés à la carrière d’un architecte lyonnais : Tony Garnier. A eux deux, ils vont marquer durablement le territoire de la ville par la réalisation de grands équipements : les abattoirs et le marché aux bestiaux de Gerland (1913-1928), l’hôpital de Grange-Blanche (1914-1933), le stade municipal de Gerland (1913-1926), la salle des fêtes de la Croix-Rousse (1934) et surtout la construction d’un nouveau quartier : les Etats-Unis (1920-1935).

Durant son demi siècle de mandature, Edouard Herriot essuie aussi un certain nombre de reproches, comme l’immobilisme, certes relatif, durant les dernières années de sa carrière ; l’absence de souci de sauvegarde du patrimoine, notamment en ce qui concerne la construction de l’Hôtel des Postes en 1935, entraînant la démolition de l’hospice de la Charité.


Celui à qui l’on doit la formule du « Français moyen » est élu à l’Académie française le 5 décembre 1946. Cette élection couronne une œuvre littéraire abondante : Philon le Juif, essai sur l’école d’Alexandrie (1897), Madame Récamier et ses amis (1904), Impressions d’Amérique (1923), La vie de Beethoven (1929), Lyon n’est plus, 4 vol.(1937-1940), Jadis (1948), …

Il est lauréat du prix international de la paix en 1954.

Il s’éteint en fonction à l’hôpital Sainte-Eugénie le 26 mars 1957.



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