Circulaire de la Préfecture de Police de la Rafle du Vel D’Hiv, 1942


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Circulaire de la Préfecture de Police de la Rafle du Vel D’Hiv, 1942

à l’emplacement du Vél’ d’hiv’ qui n’existe plus aujourd’hui, des immeubles de bureaux abritent une annexe du ministère de l’Intérieur.
Et Pourtant, le 16 juillet 1942, des représentants de « l’ordre public » se trouvaient aussi à cet endroit. C’était la Rafle du Vél’ d’hiv’

..Plus de 6 000 fonctionnaires français, dont 4500 policiers prirent part à l'organisation et aux opérations de cette rafle.

1 200 équipes d'arrestation furent formées.
Ces équipes ont principalement été affectées aux arrondissements « à forte implantation juive ». À commencer par le Marais (le 3e arrondissement est doté de 156 équipes, le 4e de 139) et l'Est parisien (le 10e a 152 équipes, le 11e : 246, le 12e : 131), mais aussi les quartiers populaires du nord de la capitale (18e : 121 équipes, le 20e : 255).

L'objectif qui leur a été exposé est de « rafler » à Paris, mais aussi en Seine-et-Oise, près de 22 000 Juifs, de les amener au Vélodrome d'Hiver où ils seront « triés » puis déportés. Rien n'a été dit de la destination finale des populations arrêtées, mais des rumeurs circulent. On parle de « camps de travail », de « centres de rétention ». On évoque aussi, à demi-mot, que personne n'en reviendra.

Pour faciliter le travail des policiers, un fichier, conçu avec une rigueur toute scientifique, par André Tulard, avait été préparé à partir du recensement effectué par les fonctionnaires de l'administration française (et non par l'occupant allemand) entre le 3 et le 20 octobre 1940. Il compte plus de 149 734 noms : ceux de 85 664 Juifs français et 64 070 Juifs étrangers ou apatrides.

Chaque individu est affublé d'un numéro. La Sécurité sociale s'en inspirera après la Libération ! Le premier chiffre de l'identification n'est pas 1 pour les garçons et 2 pour les filles. Mais 5 et 6 (« sujets français indigènes juifs »), 7 et 8 (« juifs étranger(e)s ») et 9 et 0 (« statut mal défini » ou « apatrides »).

On a tiré de ce fichier 25 334 noms et adresses pour Paris ; auxquels s'ajoutent 2 054 notices supplémentaires pour la banlieue. « Chacune de ces petites fiches est la trace parfois unique d'un destin : un nom, une adresse, une profession, souvent dactylographiés », écrivent Blanche Finger et William Karel qui ont consacré un ouvrage à l'opération « Vent printanier » ( voir http://kpr.me/10cC4P   ).


Le chef SS Theodor Dannecker, qui représente Adolf Eichmann en France – haut fonctionnaire nazi en charge de la mise en oeuvre de la « Solution finale » –, a reçu un télégramme lui indiquant que l'opération sera dédiée à la mémoire du général Reinhard Heydrich, abattu le mois précédent à Prague.

Au Commissariat aux questions juives (dans le quartier de la Bourse, à Paris), Louis Darquier de Pellepoix est, lui aussi, sur le pont. À son initiative, une campagne de presse a été lancée quelques jours plus tôt pour « préparer l'opinion ». On a ressorti sur les écrans parisiens un film de propagande nazi, Le Péril juif, et les journaux antisémites Le Cri du peuple et Au Pilori ont haussé le ton. Dans son édition du 3 juillet, Le Cri du peuple publie notamment : « Pour se convaincre du péril juif, il suffit de se promener un quart d'heure le dimanche entre la Madeleine et la place de feu la République. La proportion des décorés de l'étoile jaune y dépasse tout ce que l'on pouvait imaginer et le plus cornichon des gaullistes finit par se dire : Décidément, ils sont trop ! »

Le 13 juillet, des affiches ont été placardées sur les colonnes Morris : il s'agit d'une ordonnance du général Carl Oberg qui précise quelles seront les représailles dont useront les autorités allemandes envers les familles de ceux qui s'aviseraient de protester face aux mesures prises par le gouvernement de Vichy ou par l'occupant :

1. Tous les proches parents masculins en ligne ascendante ainsi que les beaux-frères et les cousins à partir de dix-huit ans seront fusillés.

2. Toutes les femmes au même degré de parenté seront condamnées aux travaux forcés.

3. Tous les enfants, jusqu'à dix-sept ans révolus, des hommes et des femmes frappés par ces mesures, seront remis à une maison d'éducation surveillée.

Dans ces conditions, espèrent les autorités, toute velléité de résistance devrait être étouffée dans l'œuf. De fait, il n'y aura aucune manifestation populaire pour s'opposer aux arrestations des Juifs.



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La plu [...]

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