Cabu, le géant de la caricature qui dessinait dans sa poche


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Cabu, le géant de la caricature qui dessinait dans sa poche

“Si on ne désarme pas, un jour on va disparaître. Je pense que le seul mouvement qui vaille la peine, ce serait de régler tous les conflits par la non-violence. C’est l’utopie ou la mort.” Ainsi parlait Cabu, d’une voix douce, dans l’émission Radioscopie de Jacques Chancel sur France Inter, un jour de 1982. Cabu avait alors 44 ans et il était déjà un géant du dessin de presse en France. Un caricaturiste de génie, qui rêvait de changer le monde avec ses crayons et ses feutres. Cabu dessinait contre la guerre et pour la paix, contre le capitalisme effréné et pour le boycott économique, pour l’écologie, contre les extrêmes de tout poil, dans des journaux où il pensait qu’on pouvait rire de tout. Cabu a fait rire tant de lecteurs et de téléspectateurs, de 7 à 77 ans. Les terroristes qui l’ont tué le 7 janvier 2015 à Charlie Hebdo, le regardaient d’ailleurs dessiner à la télé, à l’époque où Cabu était une des stars de Récré A2. Les frères Kouachi ont assassiné Cabu à quelques jours de ses 77 ans.

Jean Cabut était fils de petits bourgeois catholiques, son père était professeur à l’école des Arts-et-Métiers de Châlons, et peintre amateur. Jean a douze ans quand il sent naître sa vocation de dessinateur. “C’est Dubout qui m’a donné envie de dessiner, il a illustré tous les grands livres.” À 14 ans, Jean Cabut remporte un concours de dessin organisé par le magazine Cœurs vaillants. À 16 ans, il publie ses premiers dessins dans le quotidien régional L’Union de Reims. À l’époque, il signe K-BU. “J’étais potache”, se marre-t-il au micro France Inter de Jacques Chancel. Il optera ensuite pour son vrai nom, sans le T. “Puisque j’avais déjà un nom rigolo.”

Cabu débarque à Paris à 18 ans, en 1956. Il travaille comme apprenti dans un studio de dessin spécialisé dans les emballages alimentaires, juste au-dessus du Crazy Horse. C’est à cette époque qu’il découvre le jazz, notamment le chef d’orchestre et chanteur américain Cab Calloway qui deviendra son idole suprême. Le jazz deviendra une passion absolue, autant que le dessin. Il sera d’ailleurs un jour chroniqueur sur TSF Jazz. Chaque matin au réveil, Cabu écoutait du jazz et du swing. Il disait que cette musique l’avait fait entrer dans ce qu’il appelait “la grande tribu des pieds joyeux.” Il disait que dessiner en écoutant Cab Calloway ou Duke Ellington faisait swinguer ses crayons sur la page. “Le swing, c’est une belle invention de l’humanité, comme l’imprimerie” affirmait Cabu, qui démarrait ses journées en musique et toujours de bonne humeur. Cette année 1956, Cabu s’inscrit aussi à l’école Estienne, et dessine des nus, le week-end.



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