Qui était Antonio Gramsci ?


gramsci
Qui était Antonio Gramsci ?

On voit régulièrement apparaitre ici et là cette phrase de GRAMSCI :
«Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres».

Par récupération tactique.La droite et l’extrême droite ont revendiqué le penseur du Parti communiste italien.
Nicolas Sarkozy, Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon, Christiane Taubira et Emmanuel Macron, l'ont souvent cité pour dire que les victoires des idées précèdent les victoires politiques ou électorales.

Hier, une trentaine de députés de LREM ont réussi le grand Kamoulox : citer GRAMSCI pour comparer des journalistes à des fascistes (http://kpr.me/10cE2Y      )

Mais qui est donc Antonio Gramsci ?

Gramsci est né en Sardaigne en 1891 dans une famille de fonctionnaires ruinés.
élève particulièrement brillant, enfant , il est atteint de tuberculose osseuse qui le maintient à une taille de 1m50.

Son parcours le mène à Turin dans le Piémont, au Nord, où il fera ses études. C’est là qu’il s’établit et vit, en tant que journaliste et intellectuel, parmi les ouvriers de la capitale du Piémont.
En 1911 il effectue des études de philosophie à Turin.
En 1917 il rédige la lettre "Je hais les indifférents" (http://kpr.me/10cE2Z     )

C’est en France, à Lyon, en janvier 1926, qu'Antonio Gramsci prend la tête du Parti communiste italien, issu d'une scission de l'aile gauche du Parti socialiste italien au congrès de Livourne, cinq ans plus tôt.

Élu député en 1924, à trente-trois ans, il devient le secrétaire général du Parti communiste italien en 1925.

C’est en France, à Lyon, en janvier 1926, qu'Antonio Gramsci prend la tête du Parti communiste italien, issu d'une scission de l'aile gauche du Parti socialiste italien au congrès de Livourne, cinq ans plus tôt.
C'est pendant ce IIIe congrès du PCd’I que furent exposées "Les Thèses de Lyon", rédigées par Gramsci et Togliatti .

Le 8 novembre, 1926 il est emprisonné par le régime Mussolinien.
Peu avant son arrestation (en Octobre 1926) il rédige son essai sur la « question méridionale », Alcuni temi della quistione meridionale, qui reprend en les approfondissant certaines des idées émises dans les "Thèses de Lyon" et dans diverses interventions.
Ce texte de Gramsci deviendra un classique ; s’y trouvent en germe des notions ensuite élaborées dans les Cahiers de prison, telles que celles de « bloc historique » ou « d’intellectuels organiques ».

« Nous devons empêcher ce cerveau de fonctionner pendant 20 ans » dit Mussolini à la suite de l’incarcération d’Antonio Gramsci.

En prison, il écrit ses fameux "Cahiers de prison".
2 248 pages manuscrites d'une incroyable puissance.

Il décède en prison à Rome en 1936, à l'âge de 46 ans des conséquences d’une tuberculose osseuse mal soignée.

Infatigable militant et journaliste, Intellectuel de tempérament, obnubilé par la recherche de la vérité, animateur de la publication l’Ordine nuovo, il est engagé en 1919-1920 dans le mouvement Biennio Rosso, «deux années rouges», faites de mobilisations paysannes et de manifestations ouvrières qui descendent jusqu'aux zones rurales du Pô.
Son combat prend, en détention, un tour nécessairement plus profond qui forgera des outils intellectuels essentiels aujourd’hui encore comme le fameux concept de "l'hégémonie culturel" .


***** HÉGÉMONIE CULTUREL : LA VICTOIRE DES IDEES AVANT CELLE DES URNES ******

En 1917, contre les thèses de Marx, c’est en Russie, à Saint Pétersbourg, qu’éclate la Révolution.
Enjeu intellectuel et enjeu politique, Gramsci va s’efforcer de comprendre pourquoi la Révolution a eu lieu en Russie et non en Allemagne, en France ou dans le Nord de l’Italie.
Autour de la Révolution de 1917, s’ordonnent aussi une série de questionnements fondamentaux pour comprendre la pensée de Gramsci: hégémonie, crises, guerres de mouvements ou de positions, blocs historiques…

Il distingue deux types de sociétés. Pour faire simple, celles où il suffit, comme en Russie, de prendre le central téléphonique et le palais présidentiel pour prendre le pouvoir.
La bataille pour «l’hégémonie» vient après, ce sont les sociétés «orientales» qui fonctionnent ainsi… Et celles, plus complexes, où le pouvoir est protégé par des tranchées et des casemates, qui représentent des institutions culturelles ou des lieux de productions intellectuelles, de sens, qui favorisent le consentement.

Dans ce cas, avant d’atteindre le central téléphonique, il faut prendre ces lieux de pouvoir.
C’est ce que l’on appelle le front culturel, c’est le cas des sociétés occidentales comme la société française, italienne ou allemande d’alors.

Au croisement de la culture et de la politique, son concept d’hégémonie, qui présente l’exercice du pouvoir comme une affaire de consentement autant que de coercition, a essaimé dans de nombreux domaines de recherche, notamment les "cultural studies", apparues dans le monde anglo-saxon au début des années 1960.

Antonio Gramsci ne croit pas à l’économicisme, c’est-à-dire à la réduction de l’histoire à l’économique.
Il perçoit la force des représentations individuelles et collectives, la force de l’idéologie…
Ce refus de l’économicisme mène à ouvrir le «front culturel», c’est-à-dire à développer une bataille qui porter sur la représentation du monde tel qu’on le souhaite, sur la vision du monde.

Le front culturel consiste à écrire des articles au sein d’un journal, voire à créer un journal, à produire des biens culturels (pièces de théâtre, chansons, films etc…) qui contribuent à convaincre les gens qu’il y a d’autres évidences que celles produites jusque-là par la société capitaliste.

Pendant longtemps, la réception de son œuvre est restée timide en France jusqu'au tournant des années 1980, c’est-à-dire au début d’un cycle anti-marxiste de la vie intellectuelle Française.

#gramsci



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