Nudge ou le paternalisme bienveillant - Leçons de l’économie comportementale


nudging, nudge, marketing, economie, economie comportementale
Nudge ou le paternalisme bienveillant - Leçons de l’économie comportementale

Dans Nudge, Richard Thaler et Cass Sunstein s’inspirent des enseignements de l’économie comportementale pour proposer des solutions originales à divers problèmes de santé publique, d’épargne ou d’écologie. Le livre, dont l’impact sur l’administration Obama ou les conservateurs britanniques est indéniable, est un véritable best-seller politique.

Richard Thaler est professeur d’économie comportementale à l’université de Chicago. Il est l’un des piliers de cette discipline, qui associe les connaissances de la psychologie et du comportement humain à la science économique. Cass Sunstein, un des professeurs de droit américains les plus reconnus, enseigne dans la même université. Les deux universitaires partent d’un premier constat : l’homo œconomicus des manuels d’économie n’est qu’un mythe. L’homo sapiens n’a ni « le cerveau d’Einstein, [ni] les capacités de mémorisation du Big Blue d’IBM [ni] la volonté de Mahatma Gandhi ». Ils s’appuient par conséquent sur quarante ans de recherches en sciences sociales pour comprendre comment nous prenons des décisions et ce qui nous influence, car nous sommes incontestablement sensibles aux nudges.

Pour définir lathéorie du Nudge, Thaler et Sunstein ont choisi le terme savant de « paternalisme libertarien » pour désigner cette doctrine, qu’ils définissent comme « une version relativement modérée, souple et non envahissante de paternalisme, qui n’interdit rien et ne restreint les options de personne ; une approche philosophique de la gouvernance, publique ou privée, qui vise à aider les hommes à prendre des décisions qui améliorent leur vie sans attenter à la liberté des autres ».

LEÇONS DE L’ÉCONOMIE COMPORTEMENTALE

Cette nouvelle doctrine du « paternalisme libertarien » dérive en grande partie de l’économie comportementale qui a vu le jour en 1955 avec Daniel Kahneman, lauréat du « Prix Nobel » d’économie, alors psychologue dans l’armée israélienne. Kahneman, censé repérer les soldats susceptibles de devenir de bons officiers, avait organisé des exercices pour identifier les meneurs et les soldats les plus tenaces. Il était convaincu que ces exercices permettaient d’anticiper l’attitude des soldats en situation de combat, malgré les rapports qu’il recevait régulièrement et qui lui prouvaient qu’il avait tort. C’est après ces échecs répétés qu’il s’est mis à réfléchir à ce qu’il a alors appelé « l’illusion du bien-fondé » (illusion of validity). Pendant plus de dix ans, en collaboration avec le psychologue Amos Tversky, il a dressé une typologie des différentes erreurs cognitives que les humains commettent de manière systématique. C’est Richard Thaler, venu rencontrer les deux psychologues à Stanford, qui a intégré le premier ces recherches sur l’irrationalité humaine dans le champ de l’économie.



Kweeped from laviedesidees.fr by charles 37 days ago
More Kweeps From laviedesidees.fr

Add a comment.

If you want to share this kweep with another user, just mention him like this: "@user_pseudo".

Share
Permalink
AD

 Related Kweeps

charles

Le nudge pour encourager à prendre l’escalier

Kweeped from staenk.com by charles 38 days ago


Stockholm, Tokyo, Hambourg, … Les exemples de villes qui utilisent la technique du nudge pour encourager à utiliser les escaliers plutôt que l’escalator ne manquent pas. La ville de Lyon a également opté pour cette stratégie. L’approche reste tou [...]

charles

Le nudge institutionnel

Kweeped from kweepmail.com by charles 38 days ago


La théorie du #nudge a déjà été appliquée par des institutions afin d’inciter des comportements souhaités au lieu de passer par un système de réglementation et d’interdiction.

La théorie du nudge a notamment été utilisée dans des politi [...]

×

Change header

Upload
To crop this image, drag a region below and then click "Save Image"
Uploading