Simaro Massiya Lutumba - Mabele (Ntoto)


simaro, rumba

Le guitariste-compositeur Simaro Lutumba est né le 14 mars 1939 en République Démocratique du Congo est décédé à Paris le 30 mars 2019.

#rip

Né le 19 mars 1938 à Léopoldville (actuel Kinshasa), Simon Lutumba Ndomanueno dit « Simaro Lutumba Masiya » ou « le poète ».

Ancien employé de la SEDEC (Société d’entreprise commerciale du Congo belge), il fut le bras droit et le fidèle des fidèles du Grand Maître Luambo Makiadi Franco qu’il a servi et dont il a été l’ami jusqu’à sa mort en 1989.

Simaro s’initie auprès de Kalonji, un guitariste congolais adepte du « zebola » (possédé), un rythme et une danse exécutée lors des cérémonies d’exorcisme du peuple Nkundu de la région équatoriale au Congo.

En 1958, il débute professionnellement à la guitare rythmique dans l’Orchestre Micra Jazz.
Un an plus tard, il rejoint le Congo Jazz de Gérard Madiata avec lequel il enregistre « Simarocca » sur le label Esengo, un titre passé inaperçu.

Il s’illustrera avec « Muana etike » et « Lisolo ya ndaku », deux compositions teintées de spiritualité.

Sa popularité naissante arrive bientôt aux oreilles de Franco & l’OK Jazz qu’il rejoint en 1961.

Simaro Lutumba y apporte sa touche personnelle : une technique de guitare inspirée du zebola, de la rumba, du jazz et de l’afro cubain et des chansons poétiques, éducatives et pleines de spiritualité.

A la sortie de « Okokoma mokristo » (1969) et « Ma Hélé » (1970), deux chansons sur l’amour déçu, la stérilité et le divorce, les talents d’auteur, compositeur, guitariste et chanteur de Simaro sont enfin reconnus par ses pairs.

S‘ensuivent plusieurs morceaux écrits entre 1971 et 1973 ; mais il faut attendre 1974 et la composition de « Mabele » (Ntoto) qui veut dire la terre, une rumba mélancolique aux variations jazz interprétée par Sam Mangwana, pour qu’il connaisse une réelle popularité.

Mais ce franc succès provoque l’ire de Franco qui décrète, de peur qu’on lui fasse de l’ombre, de jouer uniquement ses propres compositions en concert.

Les années de vache maigre de Simaro Lutumba prennent fin en 1984 avec la parution de « Maya », un album rumba / soukouss interprété par le jeune Carlito Lassa qui le remet aussitôt sur le devant de la scène.

En 1986, il écrit « Cœur artificiel », un thème sur les relations humaines chanté en duo par Pépé Kallé et Carlyto Lassa. S’ensuit « Testament ya Bowule », etc.

Après la disparition de Franco survenue le 12 octobre 1989, le groupe décide, d’un commun accord avec la soeur du défunt, Marie Louise Akangana, de verser 30% des recettes aux héritiers qu’elle représente, les 70% restants allant à l’administratif, aux techniciens et aux musiciens.

Sous la présidence de Simaro, le TP OK Jazz réalise, entre 1990 et 1993, plusieurs spectacles et tubes; mais des évènements douloureux vont bientôt mettre un terme à cette harmonie, et Simaro Lutumba décide de mettre fin à sa collaboration avec le TP OK Jazz, après 37 ans de services dans cet orchestre.

Le 30 janvier 1994, il fonde l’orchestre Bana OK -- entendez les “enfants de l’OK (Jazz) -- en compagnie de Josky Kiambukuta et Ndombe Opetum.
Leur premier disque, Bakitani, est une reconnaissance de l’héritage de Franco et du TP OK Jazz.

Sortent ensuite Cabinet Molili puis Faute ya commerçant, deux albums rumba odemba / soukouss fidèles au style de Franco.



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