X Makeena - Derrière l'Oeil


rennes, x makeena, electro, dub, hiphop

Rêches sont les parois linéaires avec lesquelles je dois me débattre,
Mon esprit trotte dans un couloir le long de murs humides en plâtre.
L’étroitesse du corridor est telle qu’elle ne permet pas
l’élargissement de mon champ d’action.
Quelques modestes vasistas, source unique de lumière, déjà presque condamnés.
Ce n’est pas avec ça que je vais éclaircir

Les zones d’ombres qui m’empêchent de voir au-delà de mon anxiété.
Quitte à devoir marcher dans le noir autant y aller les yeux fermés.
Guidé par d’autres sens pour outrepasser les apparences,

J’avance en tâtonnant dans un dédale sans pour autant compter sur la chance.
Il serait prétentieux de dire avec certitude vers où l’on se dirige.
Brique après brique, le labyrinthe interne de chacun s’érige.

Certains choisissent d’aller en loup solitaire pour plus d’emprise sur leur destinée
Tandis que d’autres évoluent en meute, peut être pour se rassurer.

En ce qui me concerne, je fuis les mâles alpha, les prédateurs affamés ;
Et ne me laisse pas abattre comme un arbre mort même si la hache est affûtée.

La piste est certes confuse et délicate à explorer.
La visite est introspective, difficile d’y manœuvrer.

Je glisse sur une pente sulfureuse et teintée d’hérésie.
L’éclipse est partielle sur les sentiers de l’amnésie.

Je ne suis pas vraiment déboussolé, c’est plus qu’il n’y a pas de direction.
Ou peut être qu’un problème d’orientation interne m’a complètement décalé.

Si j’avais une rose des vents je pourrais me repérer,
Mais je n’ai dans la main qu’une boussole dont l’aiguille n’est pas aimantée.

Comment trouver à s’épanouir dans l’atmosphère
claustrophobique d’une pièce qui rapetisse ?

Et qu’on le veuille ou pas, autour de nous la toile se tisse.
On n’est jamais dans le vrai ou dans le faux puisqu’il n’y a pas de vérité ;
Juste des modèles auxquels on se conforme alors qu’ils sont déjà périmés.

On se borne à reproduire des schémas ancestraux en croyant innover.
À toujours passer aux mêmes endroits sans parvenir à se repérer.

Quand je m’engage dans un croisement l’hésitation me fait perdre pied.
Si chaque mouvement me ferme des portes, pourquoi je continue d’avancer ?
Paralysé devant l’étendue des choix, devant toutes les possibilités ;

Je reste planté comme une statue de marbre au milieu d’un carrefour,
Hanté par le doute que le chemin que j’emprunte est peut-être un détour.

Et qui peut le savoir ? la ruine de l’âme serait de couper au plus court.
On n’est jamais vraiment à nu puisqu’on connaît les paramètres,

Qu’on enregistre des données et qu’on s’évertue à déterminer
les inconnues de notre équation de vie.

Mais il n’y a pas de solution définie, pas de réponse absolue.
C’est juste une évolution ininterrompue dans laquelle on interagit.

Le tourbillon interne allié au sentiment océanique,
t’imprègne d’un vertige chaotique et c’est facile de s’y perdre…

L’interaction d’une multitude d’interrogations t’intègre
dans un processus qui, à terme, pourrait bien provoquer ta perte.

Une fois passé le point de non-retour, les détails, les contours de tes quêtes,
qui jadis étaient nets, s’écaillent puis jaunissent jusqu’à disparaître.

Déjà, les fondations de tout un univers personnel deviennent désuètes,
étaient peut-être même depuis longtemps obsolètes.

Ça fait tourner la tête, mais c’est un fait.

Placez un être doté de sensibilité dans une situation où ses sens semblent s’altérer,
et laissez-le regarder les éléments qui font de lui ce qu’il est se faire broyer.

Appréciez alors ce qui émanera de lui, car il en ressortira des fragments de folie…

Et la folie est vitale pour l’équilibre, car la folie est cruciale pour l’épanouissement de l’homme libre.

Mais l’environnement est trop frigide pour tolérer cette denrée rarissime.

Alors on bride, sous camisole chimique, les aliénés

pour ne pas avoir à se confronter à nos propres bribes d’instabilité.

La boîte de Pandore est bien fermée et à tout prix elle doit le rester ;

selon ceux qui ont dissimulé la clé au fond de leurs torts, au fond de leur cœur,

au fond de leur peur, pour justifier ce vaste décor falsifié.

Dans lequel ils sont persuadés de prendre de l’essor,

avec à peine dix pour cent de cervelle en activité.

Qu’est-ce que tu veux tirer d’un monde

qui dissimule l’instinct sous des plans de carrière ?

qui simule le bonheur dans des espaces entourés de barrières ?

et qui statue fermement que le déviant n’a pas à gâcher l’idylle,

en respirant le même air que ses contemporains qui préfèrent de loin

assurer la sauvegarde du précieux calme qu’ils chérissent tant.

Et accessoirement, sauver l’âme du pauvre diable grâce à l’enfermement.

C’est tellement plus sécurisant d’être banal.

Et le soir, quand le crépuscule les avale,

le sentiment de régression et la position foetale les rassurent.

Et là, bien sûr, ils vous assurent

que c’est tout ce qu’il y a de plus normal...



Kweeped from www.youtube.com by jibhaine 2965 days ago
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jibhaine

07/02/11 20:08

X Makeena c'est fini http://www.rennes.lemensuel.com/actualite/article/2011/02/07/x-makeena-cest-fini-7994.html  Je suis triste, ce groupe m'accompagne depuis si longtemps.

jibhaine

07/02/11 20:10

et désolé pour la mise en page des paroles :( http://www.xmakeena.com/indexhibit/lyrics/derriere-loeil/ 

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