Juan Branco : au sujet du 1er mai - et de l'Histoire qui vient


juan branco, crépuscule

Un passage de cette vidéo est citée dans un article du site Rebellyon à charge contre Juan Branco.


****
Il y a quelques jours encore était prévu le passage sur Lyon de Juan Branco pour plusieurs rencontres, à l’invitation notamment du collectif Le Vent se lève de Science-Po Lyon et des Amis du Monde Diplomatique. Cette série de rencontres, annulées depuis, s’inscrivaient dans le contexte d’exposition médiatique de Juan Branco et du succès en librairie de son dernier ouvrage, Crépuscule.
Il nous parait important, au vu du succès que connait cet auteur, y compris chez nos camarades, d’éclairer un peu ce personnage et ce qu’il concentre, selon nous, de la confusion politique du moment.

L’invitation de Branco à Lyon a été l’occasion de découvrir la méconnaissance de nombreu.se.s camarades à son sujet, voire la sympathie qu’un certain nombre ont pu avoir pour cet auteur à la lecture de son dernier ouvrage. Or les raisons de rejeter ce triste sire loin de nos luttes et de nos grilles de lectures politiques nous paraissent nombreuses. Nous en détaillons certaines ici. Elles s’inscrivent pour la plupart dans un courant confusionniste diffus, dont on peut notamment observer la propagation en parallèle — et au sein — du mouvement des gilets jaunes. Ce courant confusionniste, Branco l’incarne parfaitement. C’est sans doute pour cette raison qu’il rencontre un grand succès en librairie et sur les réseaux sociaux.

Pourquoi la rhétorique de Branco est mortifère pour nos luttes

Parce que sa rhétorique oppose un peuple fantasmé à une oligarchie, plutôt que d’opposer des classes sociales aux intérêts divergents ou de dévoiler les mécanismes de domination capitalistes [1].

Parce qu’il pense qu’il faut s’entendre avec tout le monde, Branco est prêt à s’allier avec des complotistes très droitiers dont il est proche, comme Étienne Chouard [2] ou Maxime Nicolle [3], ou à dialoguer avec les soutiens de Marion Maréchal le Pen [4].

Parce qu’il préfère diffuser des explications simplistes et grossières (une oligarchie endogame et moralement corrompue qui serait responsable de tous les maux de notre société) plutôt que d’inviter à réfléchir aux sources complexes de la situation actuelle et aux moyens d’en sortir. Se focaliser sur "l’oligarchie" ou "les 1%" [5] comme le fait Branco, c’est affirmer qu’un petit patron de droite partagerait les intérêts d’une personne au RSA. Qui peut croire à cette farce ?

Parce qu’il embrasse l’idée de souverainisme comme si elle était neutre politiquement, alors même que toute souveraineté suppose le principe et l’exercice d’un pouvoir suprême, et qu’il oppose prétendument la souveraineté populaire à la souveraineté nationale, comme si la première n’ouvrait pas insidieusement la voie à la seconde.

Parce qu’il est prêt à utiliser n’importe quel moyen, pourvu que le résultat apporte de l’eau à un moulin dont les fins paraissent pourtant bien peu claires, comme ce fut le cas avec l’outing d’Attal [6].

Parce que la seule solution qu’il entrevoit à la crise actuelle est de s’en remettre à des hommes providentiels, qu’il aimerait incarner avec quelques autres.

Parce qu’il recourt à une rhétorique complotiste du type "on nous cache tout, mais je vous le dévoile", alors que ce qu’il révèle tient plus souvent de l’évidence [7] ou des focalisations sur des détails personnels plutôt que des fonctionnements structurels [8].

Parce que son principal argument de vente, la posture de l’intellectuel opprimé par les médias — situation pourtant démentie par son actuelle visibilité ou les ventes de son livre [9] — s’inscrit dans le pur style des intellectuels réacs, de Zemmour à Asselineau en passant par Finkielkraut.

On pourrait continuer longtemps, et l’article n’y suffirait pas. Nous nous proposons dans les parties ci-dessous de mettre en lumière quelques éléments et critiques, sur son dernier ouvrage, sur ses pratiques politique, sur sa proximité avec Assange et sur sa récente vidéo décrivant la place qu’il se donne d’ores et déjà dans la révolution qu’il fantasme.

La suite : https://rebellyon.info/Crepuscule-ou-l-erreur-de-la-confusion-A-20628 


****

Notes
[1] Comme le remarquent les camarades de Lignes de Crêtes, « le remplacement de l’analyse des rapports de domination capitaliste au profit de la dénonciation d’une oligarchie mondialiste est une tendance lourde » chez une partie de la gauche et elle relève d’un vieux réflexe antisémite.

[2] Voir notamment la vidéo du 28 avril dernier, dont le contenu fait l’objet du dernier chapitre du présent article. Pour ceux qui ne connaissent pas Étienne Chouard, vous pouvez retrouver des décryptage de sa pensée sur le site de La Horde qui recense de nombreux article à son sujet.

[3] Juan Branco s’affiche comme proche de Maxime Nicolle dont il est également l’avocat. Ce dernier, un temps figure du mouvement des gilets jaunes, s’est illustré par le passé dans des délires complotistes, sur des "réseaux de riches pédophiles protégés par l’Etat", voit l’attentat de Strasbourg comme une manipulation étatique, et relaye les délires de l’extrême droite sur le pacte de Marrakech (source).

[4] Juan Branco ne voit aucun problème à donner, le 5 février dernier, une interview au site l’Incorrect, média de la droite dure, soutien de Marion Maréchal Le Pen (ou vous épargne le lien vers ce torchon). Quelques semaines plus tôt, Alexis Corbière et Thomas Guénolé avaient fait un choix similaire en s’exprimant dans les colonnes de l’hebdomadaire d’extrême droite Valeurs Actuelles.

[5] D’une certaine manière, il s’agit d’une réactualisation du vieux mythe des "Deux cents familles", propagé dans les années 1930 à la fois par une partie du Front populaire et par l’extrême droite.



Kweeped from www.youtube.com by politiquefrancaise 393 days ago
More Kweeps From www.youtube.com

Add a comment.

If you want to share this kweep with another user, just mention him like this: "@user_pseudo".

Share
Permalink
AD

 Related Kweeps

actualites

Juan Branco, idole des jaunes

Kweeped from www.politis.fr by actualites 391 days ago


Dans les entrailles de Paris, où plusieurs millions de voyageurs transitent chaque jour, de nouveaux panneaux publicitaires livrent un message aux accents tapageurs. « Qui ce livre dérange-t-il ? », affiche l’encart sombre, « Numéro 1 des ventes », [...]

×

Change header

Upload
To crop this image, drag a region below and then click "Save Image"
Uploading