8 juin 1795, Louis XVII , 10 ans succombe à la prison du temple, malade et brisé par son isolement


louis xvii, histoire
8 juin 1795, Louis XVII , 10 ans succombe à la prison du temple, malade et brisé par son isolement

L'homme qui a giflé le président Emmanuel Macron pendant son déplacement à Tain L'hermitage a crié "Montjoie, Saint-Denis, à bas la Macronie", le cri de ralliement qui était utilisé par les armées royales françaises et dont l'origine remonterait aux rois de la dynastie capétienne.

Coïncidence historique, cet acte a été commis un 8 Juin, jour du décès de Louis XVII « Louis-Charles Capet », à l'âge de 10 ans le 8 juin 1795, entre 14 et 15 heures à la prison du Temple, à Paris, dans l'anonymat et la détresse. Une mort qui a laissé du ressentiment dans les milieux royalistes .

QUI ETAIT LOUIS XVII ?

Le 27 mars 1785, la reine Marie-Antoinette donne à Louis XVI un troisième enfant, un fils que le roi prénomme Louis-Charles.
Le petit prince portera également le titre de duc de Normandie.
Il a pour parrain le comte de Provence, frère du roi, et pour marraine Marie-Caroline de Habsbourg, sœur de Marie-Antoinette.
La naissance duc duc de Normandie vient assurer l’avenir de la dynastie.
Bien que Louis-Charles ne soit que le second fils du couple royal, son aîné, le dauphin Louis-Joseph, est de santé fragile et, depuis ses 4 ans, il grandit mal.
Couramment appelé Charles, le duc de Normandie est également surnommé « Chou d’amour » par sa mère, Marie-Antoinette, qui adore ses enfants.
Le jeune prince lui rend bien son amour, en cultivant des roses pour elle.

Le 4 juin 1789, après une longue agonie, son frère aîné s’éteint, pendant que se tiennent les états généraux, victime de la tuberculose.

C’est dans ce contexte très compliqué, un mois avant la prise de la bastille, que le petit Louis-Charles Capet, duc de Normandie devient le dauphin de France.

L’année 1789 est une période qui vient bouleverser la vie tranquille de Louis-Charles à Versailles : dans la nuit du 5 au 6 octobre, des insurgés franchissent les grilles du palais et Marie-Antoinette manque d’être assassinée.
La famille royale doit quitter Versailles pour Paris où elle s’établit – de force – au palais des Tuileries. Malgré son jeune âge, le dauphin est conscient de la situation.
C’est un enfant intelligent qui voit son monde s’écrouler, sa mère pleurer et son père se renfermer sur lui-même.

Le 20 juin 1791, la famille royale s’enfuit pour gagner Montmédy et rejoindre le général de Bouillé.
Le dauphin, déguisé en fille, pense qu’il s’agit là d’une « comédie ».
On connaît la suite : Louis XVI et les siens sont reconnus et arrêtés à Varennes.
Avant de repartir pour la capitale, Louis-Charles et sa sœur Marie-Thérèse dorment un peu dans une auberge.
Le lendemain, c’est un long et pénible retour vers Paris.
La foule gronde autour du carrosse, la reine est insultée, le peuple crache à la figure du roi et certains n’hésitent pas à clamer que le petit Louis-Charles n’est pas le fils « du gros Louis » mais celui de Fersen, prétendu amant de Marie-Antoinette.
La situation est traumatisante pour le petit prince.

Le 10 août 1792, les sans-culottes envahissent les Tuileries.
Le 13 août, la famille royale est transférée « pour sa sécurité » au Temple, dans un donjon de quatre étages.
Tandis que la reine, Madame Royale et Madame Elisabeth – sœur de Louis XVI – s’établissent au troisième étage, le dauphin et le roi s’installent au deuxième.
Louis-Charles passe d’une vie de luxe à une vie plutôt bourgeoise en famille. Son père lui enseigne le latin, le français, les mathématiques et la géographie. Il distrait également son jeune fils de son mieux.

Le 11 Décembre 1792 commence le procès de Louis XVI.
Louis-Charles quitte alors son père pour désormais vivre auprès de sa mère, sa sœur et sa tante.

Le 20 janvier 1793, le roi Louis XVI qui vient d’être condamné à mort, fait des adieux déchirants à sa famille.
Prenant son fils sur ses genoux, Louis XVI lui fait jurer de ne jamais chercher à venger sa mort.
Le dauphin promet, les larmes aux yeux.
Il se jettera ensuite aux pieds des municipaux en les suppliant de lui permettre d’aller demander pardon « aux messieurs des sections de Paris pour obtenir que son papa ne meure pas ».
Le lendemain matin, Louis-Charles refuse de manger.
A 10h20, les bruits de tambours et les « vive la République » annoncent la mort de Louis XVI.
Au Temple, Marie-Antoinette salue alors son fils du titre de roi.
Pour les royalistes, Louis-Charles est désormais le roi Louis XVII. Les cours étrangères reconnaissent également l’enfant comme le roi de France.

Désormais au Temple, Louis XVII a la préséance sur les dames de sa famille qui, par exemple, le servent en premier aux repas. Cette situation inquiète les républicains. Ils conviennent qu’il faut faire de l’enfant un « citoyen » et le 3 juillet, à 10 heures du soir, on arrache Louis XVII à sa famille.
Marie-Antoinette embrasse Louis-Charles, qui ne cesse de pleurer, et le laisse partir.
L’enfant est confié au cordonnier Antoine Simon et à son épouse, Marie-Jeanne.

Louis-Charles se console grâce aux attentions de Marie-Jeanne Simon qui s’occupe fort bien de l’enfant. Marie-Antoinette peut apercevoir son fils à travers une petite ouverture lorsque celui-ci se promène dehors.

Sur la demande du révolutionnaire et homme politique Jacques-René Hébert, Simon s’applique à faire du « louveteau » un parfait sans-culotte. Il lui enseigne des chants révolutionnaires et un jour qu’il entendait du bruit dans la tour du Temple, Louis-Charles dira même : « Est-ce que ces putains-là ne sont pas encore guillotinées ? » . Il parlait ainsi de sa mère, sa sœur et sa tante…

Un jour Simon surprend Louis-Charles à faire un geste « nuisible à sa santé » : Hébert se saisit de l’occasion pour parler d’inceste entre Marie-Antoinette et son fils. L’enfant doit signer une déclaration dont il ne comprend probablement pas un mot.
Il signe « Louis-Charles Capet » d’une écriture tremblante qui ne ressemble en rien à la sienne.
Le 7 octobre, le jeune garçon est confronté à sa tante puis à sa sœur.
Il confirme, néanmoins de façon peu sûr de lui, que sa mère et sa tante ont commis l’inceste avec lui, le faisant dormir entre elles deux.
Louis-Charles signe ensuite le documents relatant l’entrevue et sans le savoir, il vient de participer à la condamnation à mort de sa mère, donnant là des arguments de force aux accusateurs.

Le 16 octobre, alors que Marie-Antoinette monte sur l’échafaud, on sait que Louis-Charles « riait aux éclats avec les municipaux ». Il ne saura jamais que sa mère est morte.

Brutalement, le 19 janvier 1794, le fils de Louis XVI est retiré à Simon qui doit quitter son poste de « précepteur du fils Capet ». Du 30 janvier au 27 juillet ( 9 Thermidor) plus personne n’entrera dans la chambre de Louis-Charles qui est totalement isolé du monde.
Madame Elisabeth et Madame Royale, qui n’entendent plus l’enfant, sont même persuadées qu’il a quitté le Temple.

Louis XVII est à l'isolement dans une pièce sans fenêtre, où on lui passe de maigres repas à travers une petite ouverture. Il n’a aucun contact avec l’extérieur.
Enfin, à la chute de Robespierre, six mois après le début de ce terrible enfermement, le député Barras pénètre dans la chambre de l’enfant.
Louis-Charles est recroquevillé dans un lit trop petit pour lui, il est conscient mais ne parle pas. Il est visiblement très mal en point et semble avoir des douleurs à la tête et aux genoux.
Dans toute la pièce, des ordures se sont accumulées depuis des mois, rendant l’air irrespirable.
On tente de mettre l’enfant debout pour qu’il marche : il hurle de douleur et on doit le recoucher.

Dans ces conditions de vie plus que déplorables, inhumaines, Louis XVII ne dormait et ne mangeait beaucoup.
Barras ordonne que le régime que subissait l’enfant s’améliore un peu : les repas sont meilleurs, la chambre est munie de carreaux, un médecin vient voir le malade.
Deux gardiens s’occupent de lui : Laurent – qui sera remplacé plus tard par un certain Lasne – et Gomin. En revanche, on refuse de le faire sortir même pour aller dans le jardin

Sa tante sera guillotinée en mai 1794, en revanche, sa sœur Marie-Thérèse est toujours au Temple, mais il n'est pas question que la jeune fille voit son frère : on la laisse dans une ignorance totale du sort de Louis-Charles.

Au début du mois de juin de l’année suivante, Louis XVII est souffrant et son état s’empire brusquement le 8 juin 1795, vers 2 heures du matin. On envoie chercher le médecin Pelletan qui a vu l’enfant quelques jours auparavant. Louis-Charles souffre de sueurs froides et de coliques violentes. Il décède à 3 heures du matin dans les bras de Lasne.

Quant à Marie-Thérèse Charlotte, dite Madame Royale, a plus de chance que son frère.
Elle est livrée à l'Autriche le jour de ses 17 ans, le 19 décembre 1795, contre des prisonniers français. L'« Orpheline du Temple » se marie en 1799 avec son cousin, Louis d'Artois, duc d'Angoulême.

Le coeur momifié de Louis XVII ayant été par miracle conservé, grâce au médecin légiste Philippe-Jean Pelletan qui l'avait examiné, des experts ont pu l'authentifier en comparant son ADN (acide désoxyribonucléique) à celui de la reine Marie-Antoinette.

Les conclusions de leurs recherches ont été présentés à la presse le 19 avril 2000 et exposées dans un livre de l'historien Philippe Delorme, Louis XVII, la vérité.

Depuis le 8 juin 2004, le coeur de l'enfant royal - Louis XVII pour les royalistes- repose dans l'ancienne nécropole royale de Saint-Denis.

Mais pour certains, le mystère demeure autour de sa mort : http://kpr.me/10c3e5  

BIBLIOGRAPHIE:

– Louis XVII et l’énigme du Temple de Georges Bordonove
– Les princes du malheur : le destin tragique des enfants de Louis XVI et de Marie-Antoinette de Philippe Delorme



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