Route Napoleon : De Cannes à Grasse puis Castellane


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Route Napoleon : De Cannes à Grasse puis Castellane

Ci-dessus : Buste en terre cuite du Général Mireur, 1770-1798, promoteur de La Marseillaise.


La route Napoléon s’arrête officiellement à Grasse.

Le 1er mars 1815, débarquant sur la plage de Golfe-Juan, entre Antibes et Juan-les-Pins avec sa petite armée de 1 100 hommes à bord du brick L’Inconstant et quelques voiliers, Napoléon gagna Cannes, voulant éviter la voie du Rhône qu’il savait hostile.
Il fit prendre la route de Grasse pour gagner, par les Alpes, la vallée de la Durance, puis Grenoble et la vallée du Rhône.
Le 20 mars 1815, au milieu d’une foule enthousiaste, il entra aux Tuileries et reprit le pouvoir.

Le 1er mars 1815 donc, l'aventure commence par un échec : celui de la prise d'Antibes. Fermement tenue par les soldats royalistes, la ville ne tombera pas aux mains des troupes napoléoniennes. C'est donc pour Cannes que l'Aigle s'envole.

Il établit un premier bivouac dans une oliveraie. Un illustre passage rappelé par une plaque commémorative sur l'église Notre-Dame-de-Bon-Voyage.

Nous sommes le 2 mars 1815.
Napoléon a passé sa première nuit sur le sol français depuis son exil.
Mais le plus dur reste à faire.

Par où passer ? La vallée du Rhône ? Les Alpes ? C'est grâce aux conseils de Jean Dumoulin, héritier d’une riche famille de gantiers grenoblois, que l'empereur va pouvoir établir une feuille de route.

Ce jour-là, le cortège décide de traverser les Alpes-Maritimes.

À l’aube, les soldats bonapartistes mettent le cap sur Mougins. Après une halte à Mouans-Sartoux, ils prennent la direction de Grasse. Avec un temps d'avance sur la troupe, le général Cambronne assure le repérage... et s'assure surtout que l'empereur recevra un bon accueil des habitants sur place.

L'accueil en question sera “glacial” à Grasse car... absent et inexistant ! À son arrivée, Napoléon découvre une ville morte : les boutiques sont closes et les maisons fermées. Et pour cause, la population croit à une attaque de corsaires ! Certains habitants ont même pris la fuite devant la menace supposée. La colonne de soldats traverse donc la ville sans encombre et s’arrête sur le plateau de Roquevignon. Celui-là même qui porte aujourd'hui le nom de “plateau Napoléon”. Là, Napoléon reçoit enfin quelques témoignages bienveillants d'habitants ; et même des acclamations.

Un moment de répit pour la colonne. Mais de colère pour l'empereur. La satisfaction des marques de soutien de la population n'aura été que de courte durée. Napoléon est furieux. Alors qu'il avait ordonné la construction de la route vers Digne en 1802, soit 13 ans auparavant, celle-ci n’a pas encore été réalisée. L'Aigle poursuivra donc son périple sur les chemins non carrossables. Davantage de mules seront nécessaires pour cela. Les réquisitions se poursuivent.

Après une nouvelle halte à Saint-Vallier-de-Thiey aux alentours de 16 heures, où l'empereur s'assoupit quelques instants sous un ormeau, c'est sous la neige que la colonne emprunte le sentier des gorges de la Siagne pour franchir le Pas de la Faye.

La route est escarpée. Et la descente aussi vertigineuse que dangereuse. Au point que, durant le voyage, une mule bascule dans le ravin. L’empereur lui-même manque de chuter.

Au bout de ce périple, la troupe arrive tant bien que mal à Escragnolles. L'occasion de souffler, de se restaurer et d'apprécier l'hospitalité locale. Le curé en personne prépare la collation de l'empereur. Il faut dire que Napoléon est plutôt bien vu, par ici.

Après tout l'un des enfants du pays, le général Mireur -connu comme le “propagateur de la Marseillaise”- a servi sous ses ordres et même donné sa vie pour lui lors de la campagne d’Égypte.

Sur place, c'est l'oncle de Mireur qui accueille Napoléon. L'empereur demande à rencontrer la mère du général qui l'a suivi jusqu'à la mort. Cette dernière, aveugle, est accompagnée jusqu'à lui. L'empereur déchu lui remet la somme de 500 francs.

Ce geste de gratitude met du baume au cœur des troupes. De quoi les remobiliser, à défaut de repos. Car, bien que la nuit soit tombée, le cortège doit poursuivre sa marche jusqu'au petit village de Séranon. Là-bas, un lit attend Napoléon dans le château du Brondet. Un impressionnant manoir qui appartenait au maire de Grasse

3 mars 1815 : De Séranon à Barrême par Castellane


Ce soir-là, le lit aura attendu l'impérial sommeil en vain. C'est tout habillé dans un fauteuil Louis XIII que Napoléon passe la nuit. L'Aigle a la réputation de dormir peu. Durant cette période particulière, où son esprit doit être encombré et son regard sans cesse tourné vers la capitale, il y a fort à parier que l'empereur a dû mal à clore ses paupières. Une pensée hante son esprit : et si, demain, la population de Castellane (Alpes-de-Haute-Provence) lui réservait un mauvais accueil ?

Au petit matin, ce 3 mars, la colonne reprend sa route pour le découvrir. Cap sur la commune qui est alors une modeste sous-préfecture de 1800 habitants. Des témoignages parlent d'un Napoléon si inquiet que, avant de reprendre la route, il revêt son uniforme de colonel des grenadiers de la Garde Impériale.

Ouvrant la voie, Cambronne ne décèle pourtant -à son arrivée à Castellane- aucune animosité particulière de la population envers l'empereur. Les habitants ne savent d'ailleurs rien de son retour encore confidentiel.

L'entrée de l'Aigle dans Castellane ne le sera pas en tout cas. Il arrive par le faubourg Saint-Martin, précédé de tambours et de musique militaire. La surprise est totale pour les habitants, d'abord perplexes. L'empereur est de retour ? Ici ? Dans leurs rues où se côtoient paysans, artisans, éleveurs et fabricants de draps ? La surprise passée, la population ne manque pas de saluer cette véritable parade par des“Vive l’empereur”. On imagine alors aisément Napoléon retrouver le sourire sous son bicorne. Le revenant n'est pourtant pas encore au bout de ses (bonnes) surprises.

Pendant que la troupe sympathise avec les habitants, Bonaparte déjeune avec le sous-préfet Francoul. Et il ne pouvait pas mieux tomber. Francoul vient tout juste d'être destitué par Louis XVIII. Il n'hésite pas et reçoit Napoléon à l’hôtel de la sous-préfecture, une maison de trois étages. Le maire est également présent pour partager ce repas, préparé à l'auberge. Pendant ce temps, Cambronne continue de réquisitionner des mulets.

Dernière bonne surprise pour Napoléon : à l'issue du repas il se voit offrir trois "passeports" en blanc. De quoi permettre à ses émissaires de se déplacer facilement d'un canton à l'autre.

Dans l’après-midi, la colonne quitte Castellane et reprend son long chemin par les lacets d’un sentier muletier très étroit en direction du col des Lèques (1146 mètres). Elle le franchit en file indienne. Jusqu’à Digne.



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