21 septembre 1792 : Abolition de la royauté


monarchie, republique, abolition, histoire
21 septembre 1792 : Abolition de la royauté

Lors de la première séance de la Convention nationale, le 21 septembre 1792, les députés proclament l’abolition de la royauté en France. Depuis le 4 septembre 1791, la monarchie absolue avait été remplacée par une monarchie constitutionnelle. Cette abolition, qui signe la fin de huit siècles de monarchie ininterrompue, marque aussi la naissance de la République.

Cette fin de la monarchie millénaire, fût votée à l’unanimité des 749 députés :
- Les Girondins prennent place à droite,
- Les Montagnards à gauche
- Une extrême gauche minoritaire et une masse de centristes qui forment la Plaine (ou Marais) se rallieront à la Montagne. Mais la Convention est majoritairement girondine (jusqu’au 2 juin 1793)

Malgré le serment de Louis XVI de « maintenir la Constitution », ce dernier s’entretient secrètement avec les souverains étrangers afin de solliciter leur aide. La fuite de la famille royale et son arrestation à Varennes le 21 juin 1791 achève de discréditer la monarchie. L’insurrection du 10 août 1792 aux Tuileries entraîne l’incarcération de Louis XVI au Temple. Une Convention nationale, élue au suffrage universel (mais avec plus de 90 % d’abstention), est chargée de rédiger une nouvelle Constitution et de doter la France de nouvelles institutions.

La victoire à la bataille de Valmy (20 septembre 1792), premier succès militaire de la république, opportunément le jour même de la première réunion de la Convention, pousse les députés à adopter l’abolition de la royauté.

Lorsque le député de Paris, Jean-Marie Collot d’Herbois, propose l’abolition de la royauté, il ne rencontre guère de résistance. Seul Claude Basire, proche de Danton, tente en vain de tempérer l’enthousiasme en recommandant une discussion. L’abbé Henri Grégoire, évêque de Blois, lui répond : « Qu’est-il besoin de discuter quand tout le monde est d’accord ? ». Des applaudissements vifs et unanimes approuvent la proposition de Collot d’Herbois. Les acclamations enthousiastes des députés fusant de toutes parts, Ducos décide d’adopter ce Décret en déclarant que celui-ci « n’a pas besoin d’explication après les lumières qu’a répandues la journée du 10 août ».

La formule du décret est simple et lapidaire : « La convention nationale décrète à l’unanimité que la royauté est abolie en France. » Ce décret est signé par Jérôme Pétion de Villeneuve (1756-1794), président de la Convention, Jean-Pierre Brissot de Varville (1754-1793) et Marc David Alba Lasource (1763-1793), secrétaires de séance. Il est intéressant et ironique de noter les années de décès de ces élus de la Convention qui, pour la plupart, n’ont pas survécu à la Terreur.

Le 22 septembre 1792, les députés décident, sur une proposition de Danton, que les actes publics seront désormais datés de « l’An 1 de la République ». C’est de cette manière « furtive », selon le mot de Robespierre, que la France, après avoir aboli la royauté, voit naître la République. La mention « L’An Quatrième de la Liberté », inscrite sur le décret de l’abolition de la royauté, renvoie, elle, à l’espoir déçu d’une royauté en harmonie avec la nation et le peuple.



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