Revue du Crieur N°6 - Portrait peu complaisant de Boris Cyrulnik, star de la résilience


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Revue du Crieur N°6 - Portrait peu complaisant de Boris Cyrulnik, star de la résilience

Vedette de la psychiatrie télévisuelle, apôtre de la résilience universelle et raconteur d’histoires édifiantes, Boris Cyrulnik est une figure rassurante et bienveillante qui met du baume sur les âmes inquiètes. Sauf qu’il ne cesse de se réclamer de la science et est partout présenté comme un chercheur de premier plan. C’est ce qui lui confère sa légitimité, son aura singulière et lui permet de s’exprimer sur les sujets les plus variés. Or, en vérité, la renommée scientifique de Boris Cyrulnik est plus que contestable, ses analyses sont sommaires et ses livres souvent bâclés. D’affirmations contradictoires en « découvertes » hasardeuses, de tentations naturalisantes en témoignages imaginaires, Boris Cyrulnik est surtout le visage du désarroi de notre époque et de notre besoin de croire que tout est encore possible. D’où le succès considérable de la notion de résilience, dont, loin d’être l’inventeur, il est sans conteste le vendeur le plus prolifique.

Il serait le « psy préféré des Français, « Le psychiatre qui console les Français ».
À presque quatre-vingts ans, Boris Cyrulnik, totalement inconnu il y a trente ans, est une star qui a écoulé pas moins de 2,5 millions d’exemplaires de ses dix-huit livres, lesquels font, outre la sienne, la fortune des éditions Odile Jacob. Omniprésent dans les médias, il peut s’exprimer tant sur l’ascension de Donald Trump que sur l’examen du bac, sur la surdité de Charles Maurras que sur la « gentillesse » de François Hollande.

Plébiscitée, la figure de B. Cyrulnik est pourtant largement fallacieuse. « Le leurre nous attrape parce qu’il a l’apparence du vrai, alors que l’illusion nous séduit par sa fausse apparence », pontifiait notre neuropsychiatre.

Le psy préféré des Français est-il un leurre ou une illusion ?

Né à Bordeaux en 1937 de parents juifs, modestes immigrés d’Europe de l’Est, médecin ayant fait toute sa carrière dans le Var, Boris Cyrulnik passe pour l’inventeur de la notion de résilience, cette faculté humaine à se reconstruire psychologiquement après un drame traumatisant. Il l’a notamment décrite dans Un merveilleux malheur (Odile Jacob, 1999) puis Les Vilains Petits Canards (Odile Jacob, 2001). Le spectaculaire succès commercial (respectivement 378 000 et 366 000 exemplaires vendus) de ces deux livres l’a fait accéder à la notoriété et a propulsé la notion de « résilience », issue du vocabulaire technique des psychologues, dans le langage commun.

Tous ses livres ont, depuis, été des succès, bien qu’ils racontent peu ou prou la même chose : que le pire n’est jamais certain lorsqu’on a eu une enfance traumatique comme la sienne. Surtout, B. Cyrulnik, bon orateur à la voix posée et au visage souriant, est devenu un de ces bons clients dont raffolent les journalistes dès qu’il s’agit de proposer un commentaire « psy » sur un événement quelconque. Il a ainsi été très présent dans les médias depuis le début de la vague d’attentats qui frappe la France. Quelques jours après la fusillade de la rédaction de Charlie Hebdo, il invitait à « ne pas oublier que les terroristes commettent ces crimes pour passer à la télévision », après nous avoir expliqué que le discours du terrorisme islamiste contient une « justification morale ».

Désir de notoriété ? Ou éthique ? On n’en saura pas davantage sur ce qui, selon notre neuropsychiatre, motive les terroristes. Après le massacre du Bataclan, il propose pour mot d’ordre « ni soumission ni ratonnade.
On ose espérer que rares étaient les partisans de ces deux options. Et, après l’assassinat d’un couple de policiers à leur domicile, il met en garde contre « deux mauvaises solutions : ne pas en parler ou trop en parler.

On ne peut pas dire que les analyses de Boris Cyrulnik sur les attaques terroristes aient contribué à nous aider à comprendre ce qui nous arrive, et encore moins ce qu’il faudrait faire pour les blessés et les proches des victimes. Pourtant, ses propos comptent. L’homme est écouté, parfois en haut lieu. Il avait participé en 2009 à la Commission pour la libération de la croissance française à laquelle l’avait convié son président, Jacques Attali, le secrétariat général étant alors assuré par un certain Emmanuel Macron. B. Cyrulnik explique à présent que sa contribution aux travaux de cette commission, dont on a surtout retenu les préconisations ultralibérales, a consisté en une défense de l’importance des investissements dans le champ de la petite enfance.

LA SUITE : https://www.cairn.info/revue-du-crieur-2017-1-page-22.htm 



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