Visite guidée | Sur la route des chefferies Bamilékés du Cameroun. Du visible à l'invisible


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👀 Du 05 avril au 17 juillet 2022 au musée du quai Branly - Jacques Chirac.

Sur la route des chefferies du Cameroun. Du visible à l’invisible présente l’art des communautés établies sur les hauts plateaux des Grassfields, à l’ouest du Cameroun. Dans une perspective inédite portée par l’association La Route des Chefferies, l’exposition aborde la culture des communautés et la préservation d’un patrimoine unique, historique et vivant. Architecture monumentale, forge, créations perlées, sculpture sur bois, production textile, danses traditionnelles du 16e siècle à nos jours, constituent un patrimoine précieusement conservé par les chefs traditionnels. Investis de pouvoirs quasi-divins, ces derniers en sont les principaux dépositaires, garants à la fois de la tradition et du lien entre le monde des ancêtres et celui des vivants.

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Les Bamilékés constituent une mosaïque de populations aurour de petites et moyennes chefferies qui se sont formées par segmentation à l'ouest du Cameroun, dans les grassfields.
C'est un peuple dynamique, organisé, qui représente l'une des ethnies les plus importantes sur le plan démographique et économique au Cameroun.

L'origine et l'itinéraire migratoire des Bamilekés jusqu'à leur établissement dans les grassfields reste encore entaché de floue.

les origines et l'anthropologie du peuple Bamilékés sont encore floues et les seules informations que l'on dispose proviennent essentiellement de la tradition orale, résultante de récits étiologiques, historiques, de proverbes, de l'onomastique (noms de lieux et de personnes), de chansons populaires, de codes et symboles, mais aussi des travaux et réflexions de l'égyptologue Moustapha Gadalla, qui ont permis de corroborer le lien entre Baladis d'Égypte et Bamilékés.

Les Bamilékés seraient donc partis de l'Égypte médiévale au IXe siècle, Ils arrivent en région Tikar au Cameroun vers le milieu du XIIe siècle, avant de se diviser, vers 1360, à la mort de leur dernier souverain unique, le roi Ndéh.

Yendé, premier prince, refusa le trône et traverser le fleuve Noun pour fonder Bafoussam. Sa sœur ira vers la région de Banso. Deux décennies plus tard, Ncharé, le cadet, descendra dans la plaine du Noun, pour fonder le pays Bamoun.

De Bafoussam naîtront quasiment tous les autres groupements bamilékés, entre le XVe siècle et le XXe siècle (Bansoa est né en 1910 à la suite de l'exil forcé de Fo Taghe de Bafoussam).

D'autres sources indiquent que les Bamilékés parlaient une langue unique, le bamiléké, jusqu'à leur démembrement au milieu du XIVe siècle, à la mort de leur souverain. Du bamiléké naîtront le bamiléké-bafoussam et le bamoun.

Le bamoun se ramifiera en une vingtaine de sous-variantes dialectales, avant de se voir unifié par le sultan Njoya au début du XXe siècle.

Le bamiléké-bafoussam continuera à se ramifier pour donner naissance, au fil du temps, à des dizaines de variantes dialectales, elles-mêmes possédant des sous-variantes plus ou moins négligeables (plus de 100 aujourd'hui).

Les dialectes bamilékés présentent plusieurs similitudes avec la langue de l'Égypte pharaonique.

Ainsi, la signification phonétique du mot « Bamiléké » est la suivante :
BA' : les, ceux de... (pour designer l'origine géographique de quelqu'un )
Mieh : les frères Lah : le pays, la région
Ke' : haut, le haut, ce qui est en haut d'un endroit, une région, d'une terre.

Rappelons que les Égyptiens anciens n'appelaient pas leur pays « Égypte ». Ils appelaient leur pays, « Haut pays » et « Bas-Pays » ou Kemet pour les égyptologues modernes.

Certains seraient donc fondés à penser que l'on peut dire que Khe'Mieh = KEMET.

Cela impliquerait donc que KEMET veut dire : Les frères du Haut Pays, ou les frères de la région haute, renvoyant à la Haute Égypte.

La société bamiléké est régie par le principe hiérarchique dans lequel chacun a son rôle à jouer et reste à sa place sans toutefois s'interférer dans celui de son voisin.

Ă€ la tĂŞte de chaque village, se trouve le
Le Chef ou Roi « FO » ou « FEU'»

Il détient son statut exceptionnel du fait qu'il représente le fondateur de la chefferie dont il perpétue la personne.

Simultanément ou consécutivement et à l'initiation du chef, certaines dignités sont conférées à quelques-uns de ses plus proches parents et de ses épouses.

Le KUIPOULL est adjoint du chef, et est en principe le second personnage de la chefferie, d'ailleurs désigné et initié en même temps que le chef et toujours choisi parmi ses frères consanguins.

La « MAFO » ou « Mefeu ». C'est le titre donné à la mère du chef (qui est une épouse du chef défunt) ou à son héritière (qui se trouve ainsi être une des sœurs du nouveau chef). Ce titre est toujours accompagné d'un complément, le nom propre de la personne en question car on ne naît pas « Mafo ». Il vaut à une femme la possession de terrains particuliers, le droit de choisir son mari avec qui elle ne cohabite pas.

Le « SOUOP » et les princes et princesses. Le titre de « souop » est réservé au premier enfant du chef né avant l'initiation. Les deux premiers nés après l'initiation reçoivent les noms de « TOUKAM » et « POUOKAM » et le titre de « BEUH » lorsqu'ils sont adultes, ou de « MAFO » si ce sont des filles.
Le « souop » est l'objet d'une considération particulière ; il est membre de secrètes importantes et le titre est héréditaire.

En général, le statut des enfants du chef est caractérisé par l'immunité dont ils jouissent dans le groupement.
S'agissant des garçons, le chef n'avait pas le droit de mort sur eux même en cas d'adultère avec ses femmes ; il ne pouvait qu'ordonner qu'on les chasse du village après les avoir dépouillé de tout.

Quant à la fille du chef, elle ne peut être vendue quel que soit la faute commise ; elle ne peut qu'être vendue à son père. Jusqu'à son mariage, elle est placée sous la surveillance d'un « Tsofo » ou serviteur. Quel que soit le cours de sa vie, elle ne peut être une célibataire, le chef lui trouvera toujours un mari, même contre sa volonté.


Les femmes du chef. Elles font l'objet d'un grand respect ; par exemple : on ne s'assoit pas sur le lit avec la femme du chef, ni sur son tabouret. Lorsqu'on la croise sur son chemin, on lui cède la voie sans la toucher, ni la regarder de face. Elles ont le droit de payer une dot au père d'une jeune fille, choisie par elles comme épouse d'un de leurs fils avant de soumettre le projet au chef qui ne fait qu'entériner. Le revers de la médaille, c'est qu'elles encourent des peines graves en cas de fautes. Exemple : en cas d'adultère, elles sont purement et simplement bannies du village.

De toutes les femmes du chef, quatre sont liés à son règne, et quittent automatiquement la chefferie à sa mort : (en prenant l'exemple de Batoufam, il s'agit de)
- Mehewe-guep : 1ère épouse, elle commande le grand quartier de femmes ;
- Djuikam : 2ème épouse qui commande le petit quartier de femmes ;
- Mekouokam : elle seconde mehewe-guep au grand quartier de femmes ;
- Mebekam : elle seconde djuikam au petit quartier de femmes


Chez les Bamiléké, la réussite économique individuelle ne suffit pas à elle seule à assurer le prestige social. Elle doit être complétée par une participation active aux institutions sociales.
Ce transfert de la réussite économique à la prise en de grade sociale à l'intérieur de la communauté villageoise explique le formidable fonctionnement de nombreuses institutions Bamilekés qui dans d'autres régions, restent souvent à l'état de simples organigrammes.



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